La cathédrale
Narbonne se constitue en archevêché puissant dès le début du IXe siècle, et ce jusqu'à la Révolution. Lors du concordat de 1802, il fut rétrogradé au simple rang d'évêché avant de disparaître en 1861, data à laquelle le diocèse de Carcassonne l'absorba. La grande et belle cathédrale était désormais reléguée au rang d'église paroissiale. Une dernière humiliation pour cet ambitieux édifice que ni le Moyen-Âge ni l'époque moderne n'avaient réussi à achever.
Cet édifice inachevé, comme la cathédrale de Beauvais, est, comme celle-ci, une des réalisations les plus hardies de l'art gothique. Seul construit, le choeur, commencé le 3 avril 1272, fut terminé, dans ses grandes lignes, en 1295, mais les travaux se poursuivirent jusque vers 1332. À partir de 1286, Jean des Champs fut le maître d'oeuvre de la cathédrale de Narbonne et il en fit le chef-d'oeuvre du style gothique septentrional importé dans le Midi. La construction est interrompue dès 1534 par un refus des consuls de sacrifier une partie des murailles de la ville pour permettre à la cathédrale de s'achever.
Long de 54 mètres (177 pieds), large de 58 (190 pieds), le choeur est couvert d'une voûte qui s'élève à la grande hauteur de 40,1 m. (131,5 pieds). Il comprend quatre travées droites et un rond-point à cinq pans; ses bas-côtés donnent accès à treize chapelles. À noter l'extrême élancement des formes, caractérisé par les colonnettes engagées dans les piliers et par le triforium dont les lignes se confondent avec celles des fenêtres hautes.
L'édifice est partiellement fortifié: au-dessus du toit plat des chapelles et du déambulatoire, un chemin de ronde crénelé réunit certaines des culées des arcs-boutants superposés, dispositif qui contribue à donner à la cathédrale l'aspect extérieur d'une forteresse. Les deux tours carrées, situées au départ du choeur, ne furent bâties qu'au XVe siècle.
L'orgue
La cathédrale restant inachevée, l'orgue est accroché au mur qui clôt le choeur, et surplombe les stalles. L'imposant buffet (hauteur = 23 m (75 pieds); largeur = 12 m (39 pieds); le tout à 14 m (46 pieds) du sol) est certainement l'un des plus beaux du XVIIIe siècle.
Au niveau historique, un premier orgue, fabriqué par Petit, est placé sur un jubé en 1493. Cet orgue a subi des réparations et agrandissements au cours du XVIe et du XVIIe siècle. De 1697 à 1701, les facteurs De Joyeuse et Lesclop restaure l'instrument pour en faire un instrument de 47 jeux répartis sur 4 claviers manuels et pédalier. Malheureusement, un incendie survint en 1727 qui détruisit tout le choeur, son ameublement et l'orgue.
De 1739 à 1741, le facteur Christophe Moucherel construit l'orgue actuel. Il compte alors 48 jeux (dont 14 anches) répartis sur quatre claviers et pédalier. Malheureusement, la mécanique n'est pas aussi parfaite que les lignes du buffet et l'orgue présente rapidement des insuffisances d'alimentation et beaucoup de dureté dans la transmission d'où une reconstruction quasi-totale de l'instrument, de 1766 et 1770, par le facteur Jean-François Lépine. Heureusement, pendant la Révolution, l'orgue fut sauvé de la destruction.
En 1833, la soufflerie et les claviers sont transformés, avec suppression de la division d'écho par Loiselot. En 1840, le buffet a été classifié « Monument historique ». En 1844, l'orgue est reconstruit, selon un esthétique romantique par le facteur Zeyger, de Lyon. À cette époque, l'instrument comporte 39 jeux répartir sur 3 claviers et pédalier. L'orgue devient vite injouable c'est alors qu'une nouvelle reconstruction fut exécutée, de 1856 à 1858, par le facteur Théodore Puget. Il porte le nombre de jeux à 42 jeux, modifie la soufflerie, installe une machine Barker au grand-orgue, et modifie les montres et le Positif.
En 1910, un incendie survient dans le choeur et qui détruit l'orgue de choeur mais qui épargne les stalles et le grand-orgue. Celui-ci a cependant beaucoup souffert de la chaleur. De 1925 à 1927, une reconstruction d'une partie de l'instrument est exécutée avec un système tubulaire pneumatique et l'orgue attire alors les plus organistes du temps. Après quoi, il tombe dans l'oubli.
De 1982 à 1993, le facteur Bertyl Soutoul, de Mîmes, restaure l'instrument. Le Positif de dos est restitué alors que la transmission est électrifiée. L'orgue compte actuellement 67 jeux.